Jardiner avec Bio Consom'acteurs (en été)

Nous poursuivons cette nouvelle rubrique pour vous accompagner au jardin (ou au balcon) avec les saisons et bien sûr en agriculture biologique. Julien Lucy, maraîcher bio pendant 7 ans en Charente Maritime et désormais salarié de l’association, tâchera de vous aiguiller au mieux au fil des mois. Cette rubrique est ouverte, vos contributions, retours et expériences sont bienvenus !

En juillet et en août, ne laissez pas dépérir votre jardin ! Les fortes chaleurs couplées aux traditionnels départs en vacances ont souvent raison des efforts des derniers mois. Ce serait dommage surtout que juillet est le mois du rendement par excellence : c’est à cette période que le fruit de vos efforts commence à devenir vraiment concret ! Mais qui dit rendement dit beaucoup de locataires dans un si petit espace. Pas de grands travaux en juillet mais une multitude de petites tâches pour maintenir l’équilibre de votre jardin. Nous nous concentrerons ici sur ce que vous pouvez faire spécifiquement en été mais n’oubliez pas, le plus important restera d’appliquer nos conseils pour mai et pour juin : aérer, pailler, désherber et arroser intelligemment.

N’oublions pas non plus que le jardinier ou le maraicher doit penser avec une ou deux saisons d’avance. Dès maintenant, vous devez donc anticiper votre jardin pour l’automne voir pour l’hiver.


Voici quelques photos reçues suite à nos articles :


 

Vous aussi partagez vos jardins en photos !

 

Quels travaux faire au jardin ou au balcon en juillet et en août ?

C’est le moment idéal pour effectuer les réparations et les travaux d’entretien. Aérez le plus largement possible si vous avez une serre et ombrez si possible. Réparez vos bacs de semis, vos espaces aménagés et pensez à libérer de l’espace pour stocker vos récoltes dans de bonnes conditions.

  • Travaillez les planches et les espaces qui se libèrent au croc ou à la bêche sans retournement pour préparer le sol aux semis qui s’annoncent
  • Ombrez les semis !
  • Buttez, binez, désherbez, éclaircissez…et paillez le plus possible. Arrosez également de manière efficace et jamais en pleine journée.
  • Au début du mois, couchez les tiges d’ail, échalotes et d’oignons pour faciliter le grossissement des bulbes et accélérer leur maturation
  • Isolez du sol par une tuile, une ardoise ou une planchette les courges, les melons et les potirons qui se forment.
  • Surveillez les pontes des piérides sur les choux et écrasez les œufs et les jeunes chenilles avant qu’elles n’agissent.
  • Quand les pommes de choux-fleurs commencent à se former, cassez une feuille du bord pour la poser sur l’inflorescence et la protéger du soleil. Elle se formera mieux et restera bien blanche.
  • Surveillez l’état sanitaire de vos cultures et intervenez contre les maladies des aubergines, céleris, pommes de terre, tomates surtout si le temps est chaud et humide. Surveillez également de près les aubergines et les pommes de terre, c’est la pleine saison des doryphores

 

Comment agir contre la maladie ?

Il est toujours rageant de voir une culture dévorée par un ravageur ou desséchée par une maladie après tout l’effort que vous lui aviez consacré. En agriculture biologique, mieux vaut prévenir que guérir ! C’est la maxime par excellence, créez les conditions pour éviter un problème et anticipez plutôt que de devoir agir directement. Un jardinier doit favoriser la biodiversité, les bonnes associations de plantes et agir sur un sol équilibré pour avoir suffisamment d’alliés naturels lui permettant d’éviter des attaques massives.

Cependant, si vous n’avez pas le choix et que vous avez loupé le coche vous pouvez quand même lutter pour la survie de vos plants :

  • Manuellement :

Vous ne gérez pas plusieurs dizaines d’hectares. Vous pouvez donc agir directement et rapidement dès les premiers signes. L’observation et l’examen minutieux des cultures permettent de détecter les problèmes de manière précoce. Ainsi on peut ramasser à temps les chenilles et autres ravageurs. La méthode sera aussi efficace et plus rapide que de sortir le pulvérisateur, de le remplir, de le nettoyer…sans parler de l’effet sur la biodiversité et sur votre santé. De la même manière, on peut supprimer une feuille touchée ou enlever un plant avant la contagion. En agissant ainsi quotidiennement on peut limiter, ralentir ou empêcher la propagation des fléaux les plus connu comme le mildiou.

  • Barrière physique et méthodes naturelles

Elles répondent à un objectif simple : empêcher l’accès de la culture aux ravageurs. Les plus utilisés sont les filets contre les oiseaux. D’autres dispositifs existent comme l’ensachage des fruits ou la mise en place de barrières naturelles répulsives (plantes, huiles, décoctions).Des plantes sauvages ou cultivées possèdent des propriétés insecticides, fongicides ou insectifuges. Par exemple la macération d’ail  est efficace contre les acariens, les pucerons et la mouche de l’oignon, les décoctions de feuilles de sureau contre les altises, les pucerons et les thrips. La Tanaisie ou l’absinthe en infusion éloignent les limaces. Les extraits fermentés de bardanes et de sauges préviennent les attaques de mildiou sur les pommes de terre.

Les huiles essentielles peuvent également être très efficaces. Par exemple ; l’huile essentielle de serpolet permet de lutter contre le mildiou. Attention cependant, les dosages sont très importants, une huile essentielle peut faire des ravages, donc à ne pas utiliser à la légère.

  • Piégeage

De nombreux pièges existent et sont adaptés aux cultures et sélectifs c’est à dire ne capturent que les espèces visées. Par exemple pour lutter contre les limaces, des modèles de pièges à base de bière peuvent être mis en place.

  • La lutte biologique

Au niveau du jardinier, la technique est peu accessible et coûteuse mais le principe est simple : introduire des êtres vivants antagonistes aux ravageurs ciblés. Si la théorie est facilement compréhensible, son application est délicate à mettre en œuvre en particulier dans un espace ouvert.

  • Traitements

La situation ne peut plus se gérer manuellement ? Vous pouvez agir avec des traitements naturels ayant la mention « utilisable en agriculture biologique ». Ils sont naturels car ils ne sont pas issus de la chimie de synthèse. Ils sont biodégradables et sans risques d’accumulation dans les milieux. Ils ne sont cependant pas sélectifs et peuvent agir sur d’autres plantes ou d’autres insectes… C’est la solution du dernier recours. 

 

Et si vous récupériez vos semences ?

Que diriez-vous de conserver les graines pour ne pas avoir à en racheter au printemps prochain ? Voici les clés pour récupérer et conserver les semences de vos plantes potagères.

  • Pourquoi faire ses semences ?

Nul besoin d'être chimiste ou biologiste pour faire ses propres semences : seuls quelques prérequis, de la rigueur et beaucoup de patience sont nécessaires

Faire ses propres semences permet de se défaire du monopole des quelques multinationales qui contrôlent la production de semences dans le monde dont Bayer-Monsanto et Limagrain... Même à l’échelle de son petit potager, reprendre le contrôle sur cet acte tout à fait anodin a beaucoup de sens. Il permet de faire des économies et de voir à quel point la nature est abondante. Quelques graines qui seraient vendues à prix d’or en magasin se retrouvent par dizaines voire centaines dans un seul plant.

Récupérer ses semences, c’est aussi participer à préserver la biodiversité en assurant la pérennité des semences paysannes. En effet, selon l'Organisation des Nations-Unies, 75 % des plantes cultivées à travers le monde ont disparu en un siècle. Le jardinier amateur a donc un rôle à jouer pour préserver le maximum de variétés.

Récupérer ses semences permet également adapter les plantes aux conditions du jardin, du climat, et du mode de culture du jardinier. D'années en années, les plantes issues de vos semences seront plus résistantes aux maladies et auront un meilleur rendement.

  • Comment faire ses semences ?

Assurez-vous de récolter les semences de plants bio et anciens non F1 (hybrides). En effet, les graines du commerce sont souvent des hybrides F1 dont on ne peut récolter les graines pour l’année suivante. Si vous cherchez des semences anciennes, rares, biologiques, reproductibles, mais aussi en plus petite quantité que ce qui est proposé en magasin, voici où vous les procurer.

Il faudra aussi préférer récupérer les semences des plus beaux plants ou fruits de votre jardin, ceux qui ont résisté aux maladies et qui ont des donné une récolte abondante. De manière générale, il y a deux façons de récupérer les graines : par le fruit ou par la fleur.

Par le fruit

Pour les légumes-fruits, on sélectionne parmi les plants, les porte-graines les plus adaptés. Les fruits doivent être cueillis à maturation sur des plants ayant vécu une belle saison. On récupère les graines que l'on fait sécher avant de les entreposer. Parmi les légumes d'été, la tomate, le poivron, le piment, l'aubergine, la courgette et le concombre sont concernés par cette méthode.

Par la fleur

Plusieurs autres légumes doivent être cueillis lorsque le pied monte en graines, ce qui est une manière pour la plante de se reproduire. Parmi les plantes qui montent en graines, on trouve les salades, les oignons, les poireaux, … surtout lorsque la température commence à monter. Une fois le plant sec et fané, on récupère les graines.

  • Comment conserver ses graines ?

Après avoir récolté les graines à complète maturité, il faut les faire sécher pour faire disparaître toute trace d'humidité qui pourrait risquer de les faire pourrir ou de les faire germer. Pour cela, il faut leur ôter leur enveloppe (ou capsule végétale). La solution économique est de les stocker dans des sachets en papier en notant bien la variété et l'année de la récolte des graines sur le paquet. Ensuite placer tous les sachets dans une boîte en métal hermétique pour les protéger de l'humidité, de la chaleur et de la lumière. La boîte doit quant à elle être entreposée dans un endroit frais, sec et obscur (cave, grenier, garage).

 

Au verger en juillet, pour un novice, la règle est simple : on ne taille pas !!  Supprimez les feuilles faisant de l’ombre aux pêches quand elles deviennent trop volumineuses. Fauchez l’herbe au pied des arbres et laissez-la en place en paillis, en apportant de la paille si la couche n’est pas assez importante.

 

Ce que nous pouvons faire d’autre en été (l’été est là ? au jardin pensez automne et hiver)

  • Préserver la biodiversité. Il fait chaud, les insectes et les oiseaux souffrent donc pensez à eux : limitez la tonte et la taille afin de garder des abris et espaces frais. Vous pouvez également rajouter des coupelles d'eau dans les arbres pour les oiseaux (attention à bien doser la quantité pour ne pas pieger les insectes).

 

  • En semis direct : betteraves, carottes, haricots, roquette, salade, radis noirs, cresson, navets, épinard, petits pois, oignons rouges, courges (vous êtes en retard),
  • Semer dans votre nurserie : attention, il risque d’y faire très chaud… mais si vous êtes bien équipé et bien organisé : choux (attention dernier délais), salades, mâche, persil, ciboulette
  • Planter en pleine terre : céleri, choux verts, choux fleurs, choux de Bruxelles, choux rouges, laitues

 

Pour aller plus loin :

Manger de saison en juin

Jardiner avec Bio Consom’acteurs (en juin)

Jardiner avec Bio Consom’acteurs (en mai)

Jardiner avec Bio Consom’acteurs (en avril)

Jardiner avec Bio Consom’acteurs (en mars)

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