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« La question du mois » : Pourquoi les pesticides sont-ils dangereux pour ma santé ?

Chaque mois, dans notre newsletter, nous décryptons et détaillons une des grandes questions de notre livret « La Bio en Questions »

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Ce mois-ci, en lien avec la Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides #SPAP, nous nous penchons sur la question « Pourquoi les pesticides sont-ils dangereux pour ma santé ? » (page 26 du livret)

Depuis les années 50, les pesticides sont utilisés par l’agriculture dite "conventionnelle". Les « pesticides de synthèse » sont très utilisés en France que ce soit dans l’agriculture, l’entretien des espaces verts, chez les particuliers ou même à la maison.

Fort heureusement, ces derniers usages sont aujourd’hui limités grâce à la Loi Labbé : depuis le 1er janvier 2017, les collectivités territoriales, les établissements publics et l’Etat ne peuvent plus utiliser ou faire utiliser des produits phytosanitaires de synthèse pour l’entretien des espaces verts, des forêts ou des promenades accessibles ou ouverts au public. Et depuis janvier 2019, les quelques 20 millions de jardiniers amateurs sont également directement concernés.

Contrairement à une idée répandue, l’utilisation des pesticides de synthèse en agriculture n’a jamais été aussi importante et la tendance ne s’inverse pas.
Ces pesticides ont pour fonction de tuer les organismes dits « nuisibles » comme des champignons (fongicides), des insectes (insecticides) ou des herbes (herbicides)...
Ils peuvent être utilisés à titre préventif comme à titre curatif. Par exemple la pomme de terre reçoit 35 traitements (hors semence) en moyenne avant d’être consommée. La fraise reçoit en moyenne 8 pesticides pour « éviter les pertes ». Même lavée, elle contient des résidus de ces pesticides.
Les conséquences de cette utilisation sont nombreuses : effondrement de la biodiversité, pollution de l’eau, de l’air et des sols.

Parmi les exemples les plus connus, les « néonicotinoïdes » ou « tueurs d’abeilles ». Fin juillet 2020, plusieurs représentants de la CGB (planteurs de betteraves), soutenus par des présidents de Région, interpellaient le ministère de l’Agriculture pour demander le retour des néonicotinoïdes et permettre, par dérogation, l’usage de ces insecticides. Malgré la mobilisation et le rejet des citoyen.nes du retour de ces insecticides « tueurs d’abeilles », cette pression a abouti au vote début novembre au parlement la loi a été promulguée le 14 décembre. De nombreuses organisations comme « Générations futures » demandent l’annulation de cet arrêté qui aura comme conséquence d’induire des effets néfastes pour la biodiversité en général, et pour les pollinisateurs en particulier.

Notre alimentation, l’air que nous respirons, même l’eau que nous buvons sont de fait directement impactés par la présence de pesticides.

Les effets, même de faibles quantités de ces toxiques, en mélange et/ou sur de longues périodes peuvent poser aussi de graves problèmes sanitaires : troubles neurologiques ou du comportement (Parkinson, Alzheimer, autisme...), du développement, certains cancers, troubles de la fertilité ou de la reproduction... De nombreuses études scientifiques en attestent aujourd’hui. La recherche médicale française elle-même s'en inquiète.

Les pesticides de synthèse sont également des « perturbateurs endocriniens » qui mettent à mal nos hormones. Les conséquences sur l’organisme, sur les enfants, sur les femmes enceintes notamment de « l’effet cocktail » (à savoir le cumul d’en ensemble de résidus absorbés dans l’air et notre alimentation) est également mal connu.

Ici encore, les populations les plus touchées sont souvent les plus précaires, pour qui l’accès à une alimentation de qualité est souvent plus difficile. Au scandale sanitaire s’ajoute l’injustice sociale.

L’effondrement de la biodiversité a également des effets sur notre santé et pourrait en avoir de bien plus dramatiques à moyen et long terme. La disparition progressive des pollinisateurs par exemple, pourrait nous amener à revoir totalement nos modes de production et nécessiterait de dépenser des milliards pour les remplacer, pour subvenir à nos besoins les plus élémentaires : nous nourrir.
Pourtant des solutions existent. L’agriculture biologique interdit tout usage de pesticide de synthèse. Elle est meilleure pour notre santé et pour celle de la biodiversité. Des études ont montré que lorsque des enfants se mettent à manger bio, en deux jours seulement, la teneur dans l’urine en métabolites de pesticides est divisée par 10.

Si l’agriculture biologique ne peut utiliser des pesticides de synthèse, elle peut utiliser des « pesticides naturels ». Il y a beaucoup moins de sorte de pesticides bio et les tonnages sont sans égal comparés aux pesticides de synthèse. En outre, les pesticides homologués en agriculture biologique sont beaucoup moins nocifs et persistants dans l’environnement que les pesticides chimiques de synthèse. L’agriculture bio va avant tout privilégier le préventif, plutôt que le curatif : l’équilibre des systèmes agronomiques – rotation, utilisation de variétés résistantes, renforcement des plantes par un sol riche.

Alimentation/Santé

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