A VOIR : Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes

Cash investigation "Multinationales : hold up sur nos fruits et légumes" Diffusé le 18/06/2019 sur france 2. Durée : 2 h 15.


Dans ce numéro de "Cash Investigation" l'équipe d'Elise Lucet a enquêté sur la production de tomates standardisées et sur l'origine du blé utilisé par la grande majorité des boulangeries. Force sera de constater que la loi du marché influe sur la santé des consommatrices et des consommateurs.

   Que cachent ces tomates parfaites qui se ressemblent toutes, calibrées pour être rangées dans des caissettes prévues à cet effet, qui se conservent pendant des semaines mais dont la saveur laisse à désirer ?

Ces tomates sont issues de croisements entre plusieurs variétés avec pour but d’obtenir un produit "résistant", visuellement appétissant et non périssable à court terme. 
Ces variétés dites hybrides, protégées par des brevets, sont inscrites au catalogue officiel. Dès lors, il est interdit aux agriculteur.trices d'acheter toute autre semence, notamment les semences paysannes. Ces produits vendus à prix d'or par une poignée de grands semenciers (Monsanto, Dupont, Syngenta, Limagrain) sont à usage unique : il n'est pas possible de les resemer l'année suivante. 
Ce "hold up" opéré par des géants de l'agro-industrie, pose également un problème éthique lorsqu'on sait que le triage des graines est confié à des enfants, main d’œuvre docile et obéissante pour effectuer une tâche répétitive harassante et peu rémunérée comme c'est le cas en Inde dans l'état du Karnataka.
Enfin les semences hybrides ont un effet négatif sur la santé. Selon la table de composition nutritionnelle du Ciqual, en 60 ans, les tomates ont perdu 59 % de vitamines C et les légumes 27 %. 
Ceci s'explique en outre par le mode de production industrialisé. Par exemple, la tomate cultivée hors-sol absorbe beaucoup d'eau et contient donc moins de nutriments.

   Autre aliment sujet à caution : le blé. 

Cette céréale n'a plus rien à voir avec celle consommée il y a 50 ans. Pour donner au pain une force boulangère et une texture moelleuse, le blé n'a cessé d'être modifié. 
Dans une logique productiviste (notamment un pétrissage mécanique et une cuisson à très haute température) la proportion en gluten a été considérablement augmentée. Or la présence de grosses molécules de gluten n'est pas sans danger pour l'organisme qui a du mal à les digérer complètement. Parfois même le gluten peut entraîner symptômes gastro-intestinaux, fatigue chronique, douleurs articulaires, perte de cheveux, urticaire ... On parle alors de "maladie coeliaque". 
Plus généralement, comme dans le cas des tomates à faible apport nutritionnel, le pain issu de ce blé ne vaut plus rien pour la santé.

Face à la mainmise du lobby des semenciers, la résistance s'organise néanmoins, à travers la commercialisation de graines paysannes. Ce type d'action vise à sauvegarder la biodiversité des variétés. Telle l'association Kokopelli spécialisée dans la vente illégale mais tolérée de graines non hybrides proposées uniquement aux jardiniers amateurs. Le réseau semences paysannes évoque même le principe de désobéissance civile en imaginant des alternatives pour contourner la loi. S'il n'est pas légal de vendre des semences non inscrites au catalogue officiel, il est en revanche possible de commercialiser les fruits et légumes issus de ces productions. Enfin, depuis plus de 20 ans, Jean-François Berthelot, paysan boulanger dans le Périgord propose un pain moins riche en gluten issu de semences récupérées de village en village.

 

Merci à Brigitte Moékri pour cet article ! 

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