dossiers et débats

« La question du mois » : La bio peut-elle nourrir le monde ?

Nouvelle habitude mensuelle : chaque mois, dans notre newsletter, nous décrypterons et détaillerons une des grandes questions de notre livret « La Bio en Questions ».

Ce mois-ci, nous nous penchons sur les sujets liées à la question « La bio peut-elle nourrir le monde ? », située page 12 de notre livret « La Bio en Questions ». C’est une question que vous êtes nombreux.ses à nous poser.

Est-ce qu’avec 100% d’agriculture biologique, nous pourrions nourrir les 7,8 milliards d’êtres humains vivant sur Terre ? La réponse est oui ! 

Une étude publiée en 2017 dans la revue Nature* montrait qu’une agriculture biologique à 100% pourrait même nourrir un monde à 9 milliards d’habitants, à condition d’adopter une alimentation plus végétale et de lutter contre le gaspillage alimentaire. Car le saviez-vous ? si le gaspillage alimentaire était un pays, ce serait le 3e émetteur de gaz à effet de serre au Monde après la Chine et les Etats-unis…

Les origines de la faim et de la malnutrition dans le monde ne se trouvent pas dans une production alimentaire mondiale insuffisante, mais dans la pauvreté qui empêche certain·es d’acheter ou de produire ce dont ils ont besoin. 

Pour nourrir correctement une personne, il faut, par an, 200 kg de céréales ou son équivalent calorique. Or, actuellement, la production mondiale est de 330kg d’équivalent de céréales : 200 kg à peine dans les pays du “Sud” et plus de 600 kg en moyenne dans ceux du “Nord”.

Il y a donc un excédent de nourriture dans le monde, produit principalement en Europe, aux Etats-Unis et dans une partie de l’Amérique du Sud. Les pays du Sud ne parviennent pas à dégager des revenus suffisants et à produire eux-mêmes la nourriture dont ils ont besoin. Ils se retrouvent avec de la nourriture bas de gamme qui provient des pays du Nord, mauvaise qualitativement et pour notre planète. 

L’agriculture biologique, en s’inspirant de l’agroécologie, permet des rotations variées, la polyculture-élevage, et de préserver les écosystèmes.  Ce mode d'agriculture peut nourrir correctement et durablement l’humanité et peut être pratiquée dans tous les pays. Si l’on regarde ce que nous coûte l’agriculture conventionnelle intensive en étant consommatrice d’engrais chimiques de synthèse, de carburants, de pesticides, de fongicides etc, on se rend compte que l’agriculture biologique a une valeur ajoutée réelle à l’hectare bien supérieure, car elle préserve les sols, l’eau, l’air, la biodiversité…

70% de la surface agricole mondiale est directement utilisée soit pour le pâturage, soit pour faire pousser des céréales qui nourrissent le bétail. Cette production végétale dédiée à l’alimentation animale représente 800 millions de tonnes, soit suffisamment pour nourrir 3,5 milliards d’individus.


C’est Marc Dufumier qui en parle le mieux : « C’est la pauvreté qui est à l’origine de la faim et de la malnutrition : les pauvres ne parviennent pas à acquérir les disponibilités excédentaires et ces dernières vont de préférence vers les seuls marchés solvables : l’alimentation du bétail et l’abreuvement de nos automobiles en agrocarburants ». 

Réduire sa consommation de protéines animales, c’est donc aussi participer à la répartition des céréales et des calories disponibles, et libérer des céréales pour les populations les plus pauvres. 

Agriculture

Ajouter un commentaire