Small is beautiful : Projection-débat à St Raphaël

Mardi 15 Mars 2011

 

RDV le 15 mars à 20h30 au cinéma Le Lido à Saint-Raphaël.
D’après l’article de Jean-Luc DOUIN paru dans Le Monde:
 
Il est rare qu’un ancien ministre face son autocritique.  Edgard PISANI, chargé de l’agriculture de  1961 à 1966,  confesse dans   SMALL IS BUTIFUL  les dégâts d’une politique ayant mise en œuvre le  remembrement des  parcelles de terre.   Le film emprunte  son  titre   à  un  livre  de  l’économiste  britannique   ERNST FRIEDRICH     SHUMACHER  qui  soulignait  qu’une  économie  de  la permanence est fondée sur l’utilisation  soutenable  des   ressources  naturelles.    Ce  documentaire  entend dénoncer   les    conséquences    catastrophiques    de   l’application   des   règles commerciales  issues du libéralisme  et  de  la mondialisation  par les dirigeants  des économies agricoles.   Et suggérer qu’il existe des alternatives.
 
Loin d’asséner,  comme se fut souvent le cas,  de belles images spectaculaires de légumes  à  perte de  vue  ou  de  poulets en batteries,  SMALL IS BUTIFUL,  donne à comprendre.  On  est  plus  en  caméra  cachée  dans  un complexe  industriel  où  s’élèvent   des  animaux   à  la  chaine,   avec des hommes  en   blouses blanches garantissant l’hygiène de leurs produits.
 
On  suit  Bernard  Ronot,  agriculteur,  Raoul Jacquin,  jardinier,  Pierre Darfeuil, apiculteur.  Ils mettent    la main au sol  pour nous monter  comment ça marche,  comment   un  terrain   sain   se détecte   à  la  présence  de vers,   comment   une ruche   se   transforme  en  cimetière,  comment  la  terre  est  asphyxiée  par  les pesticides,    herbicides,    insecticides,     désherbants,    fongicides,    hormones,  engrais  de  synthèse  nitrates,   et autres  ingrédients nuisibles,   qui améliorent     les rendements,   mais polluent les cours d’eau  et  empoisonnent  nos assiettes.
 
Ces  pratiques  eurent   leurs raisons d’être face à la pénurie d’après-guerre.  Les normes de l’époque n’ont plus été changées. Pour permettre aux tracteurs géants     de se mouvoir dans les champs,  on a supprimé les haies, favorisant  sécheresse     et  inondations.  De  même  l’obsession  de  désherber  les  terrains  a  détruit les oligoéléments. Images d’archives,  visites chez les professionnels,  interview d’un  lobbyiste de Bruxelles sans  états  d’âme : Agnès FOUILLEUX  alterne   discours   et  travaux pratiques,  pour  suggérer  que le modèle dominant n’est pas une fatalité.
 
Produits bio importé : Principales accusée : la PAC  (Politique Agricole Commune)  européenne,   qui néglige de soutenir  les paysans œuvrant dans  le respect  de la nature :80 %  des  aides vont  aux  20 % de grandes exploitations, aux impacts les plus négatifs.  La majorité  des produits bio  vendus  en France  sont importés. Un oiseau sur huit,  un amphibien sur trois, un mammifère sur quatre sont en danger d’extinction.  Ce documentaire peut-il avoir un effet ?  Il vise en tout cas le citoyen  et sa capacité à faire pression sur les élus.