«Je veux créer une ambition et pas seulement un plan, il faut avoir une vraie cohérence qui comprend la production, la transformation et la commercialisation», a annoncé le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll, en clôture des assises de l’agriculture biologique qui se sont tenues le 10 octobre dernier à Paris. Si cette ambition affichée de l’agriculture biologique - soutien à l’organisation des filières, aide à la transformation et meilleure organisation de la commercialisation - parait cohérente et globale au ministre, à l’évidence il y manque la dimension consommateur. Sans ce dernier, cette volonté de développement de la bio ne sera, comme les précédentes, que vœu pieux, ou tout au plus très modeste au regard des enjeux sanitaires, écologiques et économiques.
Rappelons-nous : 1997 et le plan de développement de la bio du ministre Vasseur et de son successeur. Objectif : 25 000 producteurs et 1 million d’hectares bio en …2002. C’est avec 10 ans de retard que ces chiffres, ambitieux à l’époque, très insuffisants aujourd’hui, ont été atteints. Depuis, il y a eu le Grenelle de l’environnement et un nouvel engagement fort pour la bio. 20% de la SAU française en bio à l’horizon 2020: nous atteignons à peine 4% ! Et 20% des repas bio en collectivités en 2012 : nous n’en sommes qu’à moins de 3% !
Les plans se succèdent, les ambitions sont fortes et les résultats toujours décevants, malgré les efforts constants et énergiques des opérateurs professionnels et de nombreux acteurs institutionnels et privés. Car les citoyens consommateurs en sont les grands oubliés. Comment développer la bio quand les différentiels de prix sont dissuasifs pour une majorité d’entre eux, mal informés ou aux revenus trop faibles ? Comment donner envie de goûter au bio quand aucune campagne d’information publique digne de ce nom n’est engagée ? Comment faire comprendre les dangers pour l’environnement et pour la santé, en premier lieu celle des paysans, d’une agriculture chimique quand les lobbies agroalimentaires dictent les lois à une majorité d’élus ? Bref, comment rapprocher les consommateurs de la bio pour qu’ils la privilégient dans leurs actes d’achat ?
Bio Consom’acteurs ne peut se satisfaire d’ambitions qui sont autant d’incantations sans lendemains. Produire bio en France passe par consommer bio en France. Depuis plusieurs années notre association s’est donné pour missions d’informer(1) et d’interpeller(2). Mais les moyens dont elle dispose sont totalement insuffisants pour faire entendre sa voix avec force et pour convaincre. Nous avons plus que jamais besoin de vos adhésions (1 euro par mois), de vos dons et de votre engagement pour poursuivre nos actions. Car sans consommateurs la bio ne progressera pas. Cela va sans dire, mais il nous faut être plus nombreux pour mieux le faire entendre !
Hugues Toussaint
Président de Bio Consom’acteurs
(1) A paraître début novembre, une nouvelle édition augmentée et mise à jour de notre livret « La bio en questions ». Prochaine manifestation organisée par Bio Consom’acteurs Provence le dimanche 14 octobre : La bio est dans le pré, 864 chemin de la Plaine, 83480 Puget-sur-Argens de 10h à 17h. Stands et conférences.
(2) Rappel : notre campagne Osons la bio ! a recueilli 55 000 signatures.
(3) Dons pour lesquels vous recevrez une réduction fiscale de 66%. Pour soutenir l'association, cliquez ICI.